15 février 2008

JO de Pékin : la question des droits de l'Homme


Les Jeux Olympiques débuteront le 8 août prochain à Pékin. Depuis l'attribution des olympiades par le CIO à la capitale chinoise, des voix s'élèvent pour dénoncer la situation des droits de l'Homme en Chine, où la répression contre les journalistes, les dissidents politiques, est très forte. La Chine est par exemple le pays qui exécute le plus de condamnés dans le monde. L'information est complètement contrôlée, y compris sur Internet : de célèbres moteurs de recherche comme Google ou Yahoo ont en effet accepté de censurer une partie de leurs résultats, comme pour "indépendance de Taiwan". Yahoo a même permis l'arrestation d'un dissident !
Reporters Sans Frontières est une ONG qui s'oppose de manière active à ce pays anti-démocratique. Dans leur campagne, ils ont détourné le célèbre drapeau olympique représentant les anneaux entrelacés, en les remplaçant par des menottes.
Voici un reportage réalisé l'été dernier, lors d'une manifestation de RSF à Paris. L'intérêt vaut surtout pour les commentaires de Robert Ménard, secrétaire général de RSF France et ceux de journalistes dissidents chinois.



La pression du gouvernement chinois est visible jusque sur le site officiel des JO, puisqu'un communiqué du 15 février 2008 stipule :
"Il (Liu Jianchao, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères) a enfin estimé qu'un grand événement sportif à caractère international comme les JO se devait d'être une occasion pour les peuples des divers pays du monde d'approfondir leur amitié. Il est par conséquent inconcevable que les Jeux soient perturbés par des « facteurs politiques », d'autant plus que l'activisme politique dans les stades va à l'encontre de l'esprit de la Charte olympique, a souligné le responsable chinois."
Pour cela, les autorités chinoses comptent s'appuyer sur l'article 51 de la charte olympique dans son alinéa 3 :"aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique". Les athlètes qui enfreignent cette règle sont menacés d'exclusion et de disqualification.
Message d'ores et déjà bien reçu par les Britanniques, selon lemonde.fr en date du 15 février 2008 : "Par ailleurs, la BOA a prévu d'organiser des stages de formation aux médias pour les athlètes afin de cadrer leur réponse à des questions éventuelles sur les droits de l'homme, le Darfour, le Tibet ou Taïwan. L'argument invoqué est simple : la nécessaire neutralité des sportifs. Selon un porte-parole de la BOA, il s'agit d'éviter "des prises de position publiques fortes telles que le port d'un tee-shirt marqué "Libérez le Tibet"". Un point de vue qui n'est pas étranger au sport britannique puisque, lors des matches de football du championnat anglais, il est interdit aux joueurs d'arborer un maillot frappé d'un slogan politique sous peine de lourdes pénalités. "

Nous suivrons avec intérêt sur Hgeo-college les enjeux géo-politiques des JO de Pékin, qui seront l'occasion de mieux connaître ce géant qui s'est réveillé dans la course à la mondialisation.

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